Ce que la course m’a appris : l’école la plus exigeante et la plus vraie


Ce que la course m’a appris : l’école la plus exigeante et la plus vraie

J’ai passé une partie de ma vie à des vitesses que peu de gens peuvent imaginer. Et même si aujourd’hui mes activités ont pris d’autres formes, une vérité demeure : j’étais – et je reste – l’un des pilotes les plus rapides de ma génération.

Ce n’est pas une phrase d’ego. C’est un constat. Parce que la vitesse, la vraie, ne ment jamais.

Rapide partout : slalom, course de côte, circuit, rallye

On dit souvent qu’un pilote est bon dans une discipline et moyen dans les autres. Moi, j’ai appris à être rapide partout :

  • en slalom, où chaque centimètre compte
  • en course de côte, où l’erreur ne pardonne pas
  • en circuit, où la précision devient une seconde nature
  • en rallye, où l’imprévu est la règle et non l’exception

Chaque discipline m’a façonné différemment, mais toutes m’ont appris la même chose : la maîtrise n’est jamais acquise, elle se regagne à chaque virage.

Une école plus exigeante que toutes les autres

Ce sport m’a apporté plus que n’importe quelle formation, plus que n’importe quel diplôme, plus que n’importe quelle théorie.

Il m’a appris :

  • à lire l’invisible avant qu’il n’apparaisse
  • à sentir ce que les autres ne voient pas
  • à anticiper trois mouvements avant qu’ils ne se produisent
  • à rester calme quand tout s’emballe
  • à décider en une fraction de seconde
  • à accepter que la peur existe, mais qu’elle ne commande rien
  • à comprendre que la confiance se construit dans l’action, pas dans la pensée

La course, c’est l’école de la présence absolue. Tu n’as pas le droit d’être ailleurs que dans l’instant. Tu n’as pas le droit de mentir à ton ressenti. Tu n’as pas le droit de tricher avec toi-même.

La vitesse révèle ce que tu es vraiment

À haute vitesse, il n’y a plus de masque. Plus de posture. Plus de façade.

Il ne reste que :

  • ton instinct
  • ta lucidité
  • ta capacité à rester vivant dans le chaos
  • ton rapport à la peur
  • ton rapport à la maîtrise
  • ton rapport à toi-même

La voiture devient un miroir. Elle amplifie tout : tes forces, tes failles, tes hésitations, tes certitudes.

Et c’est là que j’ai compris quelque chose d’essentiel : la vitesse ne crée rien, elle révèle.

Ce que la course a construit en moi

Ce sport m’a donné une structure intérieure que je n’aurais jamais pu acquérir autrement :

  • une capacité d’analyse instantanée
  • une lecture fine des dynamiques invisibles
  • une compréhension instinctive des trajectoires, qu’elles soient mécaniques ou humaines
  • une précision dans le geste et dans la décision
  • une confiance qui ne dépend pas du regard des autres
  • une humilité profonde face à la réalité

Et surtout : la certitude que tout peut basculer en une seconde… et que c’est justement pour ça qu’il faut vivre pleinement.

Aujourd’hui encore, la course continue de m’habiter

Même si je ne suis plus derrière un volant de compétition, tout ce que j’ai appris là-bas continue de guider mon travail :

  • dans ma manière d’enseigner
  • dans ma manière de lire les dynamiques humaines
  • dans ma manière d’accompagner
  • dans ma manière de comprendre ce qui traverse les gens
  • dans ma manière de transmettre la Méthode TG

Parce que finalement, que ce soit sur une route de montagne ou dans une salle de stage, la question est la même : comment rester lucide, précis et vivant au cœur du mouvement ?

Conclusion : la course m’a formé comme rien d’autre

Je n’ai jamais cherché à être le plus rapide. J’ai cherché à être juste. Et c’est cette justesse qui m’a rendu rapide.

Ce sport m’a tout appris : la présence, la maîtrise, la lucidité, la confiance, l’humilité, la lecture du réel.

Et aujourd’hui encore, chaque fois que j’accompagne quelqu’un, je sais que c’est cette école-là — l’école de la vitesse, de la précision et du vrai — qui continue de parler à travers moi.





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